Histoire du château

La terre de Ville-au-Val, comme toute la rive droite de la Natagne, relevait au Moyen Âge du comté de Bar et plus précisément de Mousson. L’autre rive dépendait de Dieulouard, possession des évêques de Verdun, donnant à Ville-au-Val une position stratégique.

Le château de Ville-au-Val appartient à la même famille depuis 1809, date à laquelle François Antoine Louis Bourcier, général de division, conseiller d’Etat, grand officier de la Légion d’Honneur et Inspecteur général de la cavalerie de la Grande Armée acquiert le château en vendant des terres reçues par l’Empereur Napoléon.

En novembre 1944, le château est le siège de la 80e division d’infanterie américaine. Une photo conserve le souvenir du passage du général Patton, commandant de la 3e armée US, s’adressant à l’ensemble des officiers dans la salle à manger.   

Le plan d’ensemble est caractéristique des XIIIe-XIVe; L’ancienne basse cour à l’Est (actuels bâtiments de ferme), et au delà d’un pont dormant établi dans les anciens fossés, le château adopte un plan presque carré de 50m de côté, flanqué aux quatre angles de tours circulaires de 6 à 8m de diamètre. L’ensemble a sans doute été rebâti en grande partie au XVIe siècle.

Trésor caché du château : l’exceptionnelle chapelle privée qui abrite une toile du peintre Jean Girardet, premier peintre de Stanislas. L’ensemble du château, façades et toitures sont inscrits au titre des Monuments Historiques en 1988. La chapelle est classée Monument Historique en 1995.

Moyen Âge
Au Moyen Âge, la terre de Ville-au-Val relevait du comté de Bar, plus précisément de Mousson. Inféodée aux sires de Beauffremont, ces derniers y édifièrent une maison forte avant 1334 pour surveiller l’autre rive de la Natagne qui dépendait de la châtellenie de Dieulouard, possession des évêques de Verdun. En 1486, Guillaume d’Haraucourt concéda à Claude de Villers-le-Prud’homme, seigneur du lieu, les droits de haute, moyenne et basse justice sur le domaine, à condition de lui rendre foi et hommage pour cette terre, qui était de franc-alleu. En 1536, Théodore de Saulx reconnait tenir en fief du duc de Lorraine les 10/12ème de la seigneurie (‘’haute justice, moienne et basse… le chastel dudit Ville, les fosses et …le moulin dessoud la ville sictué soubs la chaulcee de lestang’’ Sources : ADM B 231, fol. 248r et v / Guilliato). En 1559, Catherine de Haraucourt, son épouse, obtient l’autorisation de construire une chapelle castrale dédiée à Saint Georges (En 1765 elle est désignée sous le nom de Saint Louis).

En 1597, Claude de Sernay, conseiller d’Etat, chambellan du duc Charles III de Lorraine est seigneur de Ville au Val (Sources : document archives familiales). C’est sans doute lui qui reconstruit le château sur les bases du plan qui nous est parvenu.

En 1605, le duc Charles III cède la part lui appartenant dans la seigneurie à Elisabeth de Sernay, femme d’André des Porcelets de Maillane.

Époque moderne
A une date indéterminée, la seigneurie échut à Jean-Claude de Loppez Gallo, époux de Marie Charlotte de Ligniville, chambellan et premier écuyer du duc Léopold de Lorraine, attesté seigneur en 1718, puis par mariage passa aux Raugrave de Salm.

En 1759, François de Lasalle, secrétaire du Roi, munitionnaire et directeur des vivres à Metz acquiert Ville-au-Val. En quelques années il réalise de très importants travaux de modernisation et d’embellissement : Construction d’un petit avant-corps de plan semi circulaire au milieu de la façade sur cour du corps sud, côté parc, de chaque côté de la façade, création d’escaliers d’accès au jardins établis dans les anciens fossés, balcons en fer forgé des fenêtres, portail d’entrée sur la cour intérieur avec sa belle grille en fer forgée sur la façade est. Ajout sur la toiture de la façade ouest, côté cour, d’un lanternon coiffant une horloge (cloche datée de 1762 qui signe la fin des travaux). Il fait également réaliser le décor intérieur des pièces d’apparat : Grand salon, salle à manger, petit salon. François de Lasalle réalise également d’importants travaux pour donner au château le confort le plus moderne. Il fait creuser, sous la grosse tour nord-ouest, une glacière (ancêtre du congélateur, permet de servir des sorbets en plein été) à laquelle on accède depuis une pièce de l’aile des communs, qui conserve une petite glacière (ancêtre du réfrigérateur). La particularité des travaux réside dans l’emplacement choisi pour la glacière, à l’intérieur du château et non dans le parc, sous l’ancien four banal (preuve de l’ancienneté de la seigneurie, lui qui a acquit depuis peu une charge anoblissante). C’est sans doute pour la même raison, qu’il ne touche pas au plan du château du XVIe s. qui conserve les traces des aménagements de défenses (tours, douves, canonnières, archères…). Autre aménagement de confort, il crée dans l’aile ouest, sur une partie des communs donnant sur la cour intérieure, une salle de bain moderne. Point d’orgue des travaux, la chapelle qu’il reconstruit totalement sur un original plan ovale. Elle reçoit un très intéressant décor de stucs : Putto dans nués aux dessus des fenêtres, rubans, coquilles, guirlande de feuillage et de fruits, férule et tiare pontificale, mitre, crosse épiscopale, encensoir, médaillons représentants les quatre évangélistes. Pièce maîtresse du décor de la chapelle, la toile peinte de la coupole : Dieu en majesté du peintre Jean Girardet, premier peintre du duc de Lorraine Stanislas.    La chapelle dispose également d’une élégante tribune seigneuriale et d’un caveau.

Le 19 mars 1799, François de Lasalle cède Ville-au-Val à Dominique Charles Ignace d’Hausen de Weidesheim (famille au service du duc Léopold depuis 1728 dans la région de Sarreguemines).

Ce dernier le revend, le 18 avril 1809, au comte François Antoine Louis Bourcier, conseiller d’Etat, général de division, grand officier de la Légion d’Honneur et inspecteur général de la Grande Armée. Il est resté depuis dans la même famille, se transmettant par les femmes.

Première et seconde Guerres mondiales
Le château a relativement peu souffert des deux derniers conflits. Lors de la première guerre mondiale, la chapelle sert d’infirmerie. A partir de novembre 1944, il est le siège d’un division d’infanterie américaine et les villageois trouvent refuge dans les caves lors d’alertes.

Château de Ville-au-Val aujourd’hui – Famille Berthe de Pommery
Le comte Bourcier meurt en 1828, il est inhumé, comme ses descendants, dans la chapelle. Sa fille Ernestine Adélaïde Joséphine épouse Louis-Hortensuis de Gau marquis de Frégeville en 1828. Leur petite fille Jeanne de Frégeville épouse en 1894 Hubert Gaston Berthe de Pommery (mort pour le France le 28 avril 1918). C’est leur fils Joseph de Pommery qui hérite de la propriété. Le château est aujourd’hui habité par ses enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants qui s’efforcent de le conserver et de le mettre en valeur.

Contact :
Chateaudevilleauval@orange.fr
samuel.redonnet@orange.fr
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